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Energies renouvelables : le scandale financier

Le thème des énergies renouvelables, accaparé par les spéculateurs du moment, relève du scandale financier. C'est finalement l'ensemble des acteurs économiques qui paiera le gâchis dû à un laxisme politique où se côtoient incompétence et pratiques douteuses sous couvert d'un discours vertueux. Le débat sur l'énergie et l'écologie n'en est que très mal engagé.

Article paru sur le site Le Cercle les échos, le 30 décembre 2010 :
http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/energies-environnement/221132586/energies-renouvelables-le-scandale-financier
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On avait connu bien des « plans » étatiques, sensés promettre développement technologique, emplois et richesse collective, sombrer dans des fiascos retentissants malgré des milliards versé à fonds perdus : plan calcul, chantiers navals, machines outils, Crédit Lyonnais.. Cette fois, c’est sur le thème des énergies renouvelables que des élus étalent leur incapacité à traiter un sujet d’envergure avec rationalité, bon sens, et sérieux.

 tarif d'achat français. Au cas particulier, il est hélas d’emblée patent que, telles qu’elles sont engagées, les pratiques ne sont non seulement pas porteuses, mais recèlent tous les ingrédients d’un des grands scandales financiers de ce début du siècle : une espèce de processus à la Madoff, dont les ficelles sont totalement visibles pour qui veut les voir, basé sur un dispositif où l’enthousiasme de quelques personnalités politiques, à la carrière proche de l’affairisme le plus douteux, impose, sur le dos de la collectivité et par la force de la loi, un système de prélèvements financiers au profit d’un petit nombre de personnes.

Au delà des effets de manche, tout reste à faire pour définir et promouvoir une politique énergétique compatible avec l'écologie vraie. Mais il faudra préalablement que le public prenne conscience du rôle pervers de l'écologie politique comme moyen de prise de pouvoir par des affairistes aux pratiques douteuses.

L'éolien, plus encore que le photovoltaïque, est en l’exemple flagrant : la filière poursuit une logique purement financière, sans préoccupation écologique, cherchant à faire feu de tout bois pour l'obtention de facteurs d'enrichissement sans cause. D’un coté la défiscalisation totale des bénéfices (plusieurs techniques conjuguées), les tarifs largement subventionnés, les taxes sur le consommateur et des techniques coûteuses de collecte et de distribution pèsent sur le prix de l’énergie et pénalisent consommateurs et entreprises. De l’autre, cette filière produit sans scrupules de nouvelles nuisances écologiques ou portant atteinte à l'environnement qualitatif, à d’autres secteurs économiques ou culturels, et à l’économie en général comme facteur de gâchis de ressources et d’appauvrissement. Les tentatives pour encercler le Mont Saint Michel d’usines aérogénératrices sont l’exemple flagrant le plus présent.

La recherche d'économies d’énergie doit prévaloir sur la production supplémentaire d’énergie

Une telle arnaque ne peut se poursuivre, comme toutes les grandes tromperies, que sur des mensonges : d'où l'intérêt d'un discours pro-éolien approximatif et toujours éloigné de la réalité, mais basé sur la construction d'une propagande intéressée pour exploiter la crédulité ambiante : "sauvons la planète, donc remplissez nos caisses !". C’est la substance du discours sans cesse véhiculé par le SER (syndicat des promoteurs) auprès de la presse, du public et des élus.

Si le montage des projets implique fréquemment des pratiques douteuses, il n’est pas rare que des indices laissent penser que des pratiques franchement malhonnêtes soient employées pour vaincre les réticences, comme en témoignent des cas de corruption avérés au ministère des finances, ou plus gravement l'implication à grande échelle de la mafia en Italie, voire en Espagne. 

L'écologie réelle impliquerait avant tout la réduction des gâchis énergétiques, les économies "vraies" et donc le déploiement des moyens financiers et techniques vers d'autres horizons que ceux de la surproduction énergétique supplémentaire à n'importe quel coût. Les promoteurs ont au contraire su habilement se positionner en piégeant les naïfs dans un discours antinucléaire pour soutenir leurs avantages financiers, tout en s'associant en sous-main avec le lobby nucléaire qui, de son coté, continue un essor mondial sans précédent ! Les antinucléaires purs et durs sont ainsi devenus les otages de pratiques dites « d’acceptabilité » : ils servent finalement de caution à l'industrialisation de ce qui reste de nature !

Une vraie politique énergétique appellerait donc le bon sens, à l’exclusion de l’idéologie ou de la simple mise en conformité à des ratios européens. Elle impliquerait que soit définis les coûts/avantages de chaque filière, y compris de celles mises à l’écart parce que moins profitables pour les spéculateurs du moment (comme la filière biogaz), que toutes soient également étudiées de façon approfondie, que toutes aient des chances équivalentes de mise en œuvre,- et que la recherche des économies d’énergie prévale sur la production supplémentaire d’énergie qui n’est finalement qu’une fuite en avant supposant une impossible croissance infinie.

Produire moins mais mieux impliquerait des politiques adaptées en matière de tarification, des mesures en faveur de  l’urbanisme, de l’habitat et du transport, le développement de nouveaux modes de fonctionnement, l’encouragement de comportements adaptés, des définitions de restrictions de consommation, et la promotion des techniques écologiquement utiles (pompes à chaleur, isolation thermique, etc...).

Après le « Grenelle de l’environnement », qui a principalement été une mascarade médiatique en vue de l’autopromotion politique de certains, tout semble devoir encore être fait. L’écologie politique semble finalement avoir pour objet la prise de pouvoir pour la poursuite d'un projet financier et anti-humain. La fin du fantasme éolien sera  probablement la manifestation d'une écologie sincère qui s’y substituera !

Arnaud Casalis


date de création : 22/01/2011 @ 14:44
dernière modification : 22/01/2011 @ 14:44
catégorie : Documents


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